L’école, levier d’avenir pour les enfants de Pays Pourri
Dans chaque cahier ouvert, il y a une promesse d’avenir. Partout dans le monde, l’école est bien plus qu’un lieu d’apprentissage : elle est un refuge, un tremplin, parfois la seule porte entrouverte vers la liberté et l’émancipation. Apprendre à lire, à écrire, à penser, c’est apprendre à se tenir debout dans le monde.
L’éducation est d’ailleurs reconnue comme un droit fondamental par l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle est ce socle commun sur lequel se bâtissent les sociétés. Paulo Freire, dans « La pédagogie des opprimés », voyait déjà l’école comme un outil de libération, capable de transformer des destins individuels et collectifs. Sans école, pas de mobilité sociale, pas de citoyenneté éclairée, pas de développement durable.
Pourtant, cette évidence reste un combat. Selon l’UNESCO, 244 millions d’enfants et de jeunes dans le monde ne sont toujours pas scolarisés, une réalité particulièrement marquée dans les pays fragilisés par la pauvreté et l’instabilité politique. Haïti en est l’un des symboles les plus criants.
Haïti quand aller à l’école devient un défi quotidien
Haïti est un pays éprouvé : pauvreté structurelle, catastrophes naturelles à répétition, séismes, ouragans et instabilité politique chronique. Cela a profondément fragilisé les services essentiels, dont l’éducation. En Haïti, l’accès à l’éducation n’est pas un acquis. Les familles doivent souvent assumer seules les frais de scolarité, l’achat des uniformes, des manuels, parfois même du mobilier.
Le système éducatif haïtien repose en grande partie sur le privé : plus de 80 % des écoles sont privées, souvent gérées par des associations ou des congrégations religieuses. Le coût constitue un obstacle majeur, poussant de nombreux enfants à abandonner l’école trop tôt. À cela s’ajoutent des infrastructures insuffisantes : établissements endommagés, classes surchargées, accès limité aux technologies éducatives.
Dans ce contexte, chaque initiative en faveur de l’éducation en Haïti devient un acte de résistance.
Educ’timoun : une association, un espoir à Pays Pourri
C’est précisément à Pays Pourri, une section communale enclavée où l’accès à l’éducation est particulièrement difficile, qu’intervient l’association Educ’Timoun Haïti. Sa mission est claire : offrir aux enfants un cadre d’apprentissage digne, soutenir l’éducation formelle et informelle.
Concrètement, Educ’Timoun agit là où les besoins sont les plus urgents. L’association distribue des fournitures scolaires indispensables. Elle met en place des activités éducatives et ludiques pour stimuler la curiosité des enfants et
accompagne leur parcours scolaire avec attention. À travers ses actions, elle redonne à l’école sa fonction première : un lieu où l’on apprend, mais aussi où l’on se sent en sécurité et encouragé.
Aujourd’hui, plusieurs élèves bénéficient déjà de cet engagement. Pour eux, aller à l’école n’est plus un luxe, mais une chance réelle.
Parole d’enfant : Ismaël, 10 ans, élève à l’école Frères-Unis
Ismaël Dervilme a 10 ans et est scolarisé depuis trois ans à l’école Frères-Unis, en 5e année fondamentale, soit l’équivalent du CM1 en France. Quand il parle de l’école, ses mots sont simples mais sincères. Il dit l’aimer pour ses professeurs, pour la qualité de l’enseignement. Mais aussi pour le programme Lud’educ, auquel il participe pendant l’été. « On apprend les mêmes choses, mais autrement », explique-t-il. Une manière plus ludique, plus vivante, qui donne envie de continuer.
À l’école Frères-Unis, Ismaël se sent bien. Il évoque les relations avec les enseignants, les autres élèves, les parents. « L’école prend soin de nous », dit-il, « pas seulement pour apprendre, mais pour aller bien ». Un climat scolaire essentiel dans un environnement souvent difficile. Ismaël porte aussi un regard lucide sur Pays Pourri. Il regrette le manque d’infrastructures essentielles, notamment l’absence de clinique. Son rêve est clair : devenir médecin pour aider les plus vulnérables. Ce projet grandit avec lui, nourri par l’envie de soutenir sa famille et sa communauté. Cependant il est conscient des difficultés du pays, de l’insécurité qui complique l’apprentissage, Ismaël veut continuer à garder espoir. Avec une maturité désarmante, il confie : « Vivre en Haïti est déjà une épreuve en soi. »
Aux donateurs, Ismaël adresse un message simple et fort : merci. Grâce à leur soutien, il se sent bien à l’école, dans de bonnes conditions pour apprendre, avec les mêmes chances que les autres élèves de développer ses talents et de réussir.
De Pays Pourri au monde : semer l’avenir
Chaque initiative locale participe à un mouvement global pour l’éducation. Soutenir Educ’Timoun d’Haïti, ce n’est pas seulement financer une école ou des fournitures : c’est investir dans l’avenir d’une communauté, et au-delà, dans celui d’un pays tout entier.
Car dans le sourire d’un enfant qui apprend à lire, dans le rêve d’un futur médecin, c’est toute une nation qui reprend espoir.
Par RHIA Nisrine pour l’association Educ’Timoun d’Haïti.